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Mes yeux se sont ouverts face à une personne qui me regardait là, inscrustée dans le métal. Ses cheveux chatains clairs et courts volaient soulevés par la légére brise. Ses yeux d'un bleu azur me scrutait avec étonnement et curosité. Ses lèvres étaient légérement entrouvertes comme si elle voulait dire quelque chose.
Ses mains étaient glissées dans les poches de son anorak gris et ses pieds croisés.
J'ai regardé quelques secondes mon reflet avant de réaliser qu'il aparraissait sur le côté d'un train contenant quatre wagons.
Je me suis éloignée afin d'observer mieux cet endroit où j'étais, et qui paraissait silencieux.
J'étais tout simplement sur le quai d'une gare assez moderne. Devant moi se tenait ce long train de couleur argenté et aux vitres sans traces qui laissaient apparaître les compartiments luxueux. Malgré le silence qui régnait, je n'étais pas seule: non loin de moi se trouvait deux adultes et un enfant. Les deux adultes étaient grands, assez bien habillés et étaient penchés vers l'enfant qui les regardait le visage inquiet. Ils murmuraient tous les trois ce qui rendait la conversation incompréhensible de là où j'étais.
De l'autre côté se trouvait un jeune homme qui fixait le train sans cligner des yeux, des oreillettes dans les oreilles. Plus loin sur un banc, deux jeunes filles étaient assises et lisaient chacune un livre à la couverture d'un violet sombre qui portait un titre d'or, très peu lisible vu que j'étais plutôt éloignée.
Je soupirai tout en tournant seconde après seconde, la tête de gauche à droite tout en me demandant où j'étais, que faisais-je ici et comment j'y étais arrivée...
Car cette gare ne ressemblait à aucune des gares dans lesquelles je suis déjà allée. Ces dernières n'étaient pas aussi silencieuses, aussi vides, aussi modernisées. Alors les questions tournaient dans ma tête, s'en allaient, revenaient. J'ai porté ma main droite à ma bouche pour pouvoir amener l'extrémité de l'ongle de mon pouce à mes dents, et pour pouvoir le ronger: c'est une des choses que je fais quand je suis stressée.
Soudain, une voix grave retentit dans l'immense silence et vide de cet endroit. Mes yeux se sont tournés vers un homme assez gros, portant un costume bleu, qui s'était rapproché, une casquette bleu à la main, et qui me regardait tout en avançant. Il disait:
_Le train va bientôt partir, veuillez prendre place dans les wagons qui vous sont indiqués sur les billets.
J'ai ouvert de grands yeux ronds, ne sachant que faire, surtout que cet étrange personnage se dirigeait vers moi. D'habitude, ce n'est pas une voix pré-enregistrée quia nnonce le départ d'un train?
J'allais ouvrir ma bouche pour demander bétement où pouvais-je avoir un billet à cet homme quand il bifurqua et partit vers les deux jeunes filles qui rangeaient leurs livres dans leurs sacsà dos. Mince...J'ignorais vraiment dans quelle situation je me trouvais.
Tout à coup, j'ai sentis quelque chose tirer mon anorak. Je me suis retournée, et surprise, j'ai vu une petite fille qui tenait avec sa main droite ma veste et qui suçait son pouce de la main gauche. Elle avait des cheveux bruns attachés en queue de cheval, et elle portait un petit jean et un t-shirt uni bleu ciel. A son dos se trouvait un petit sac rose qui semblait vide. Elle me regardait avec un regard insistant, comme pour me dire quelque chose. Je l'ai fixée à mon tour, en ne comprenant pas.
Je ne connaissais pas cette petite fille, et pourtant elle semblait si gentille, si mignonne...
_Ton billet..il est dans ta poche, me dit-elle tout en enlevant son pouce de sa bouche et en pointant la poche gauche de mon jean.
J'allais à nouveau ouvrir la bouche pour parler, mais j'ai juste baissé monr egard vers l'endroit indiqué pour voir un papier qui en sortait à moitié. J'ignorais sa présence. Je l'ai sortit et je l'ai regardé attentivement sous le regard de la petite fille. Peut être m'indiquerait-il ce que je dois faire....
Mais en regradant, j'ai poussé une exclamation: le papier était vierge. Aucune annotation, aucune inscription ou salissure. Juste un papier ordinaire. J'ai baissé les yeux vers la petite inconnue qui semblait , rien qu'en m'ayant entendu, avoir compris que je ne tenais qu'un papier normal. Alors sa petite voix douce et frêle retentit:
_Tu as vu, il était bien là ton billet!
_Mais ce n'est pas un billet, lui ai-je dis doucement en reposant mon billet dans ma poche.
_Si c'est bien ça! regrade tout le monde a le même, me dit-elle en pointant du doigt le garçon non loin de moi.
J'ai regardé vers là où elle indiquait mais je n'ai pas vu le moindre papier dans les mains du jeune homme. Alors je me suis retournée vers la fille mais à ma grande surprise, elle n'était plus là....
Tout était de plus en plus bizarre, je devais l'avouer...Soudain la voix de l'homme en costume bleu retentit à nouveau en signalant que le train allait partir. J'ai alors observé les voyageurs qui m'entouraient. Les parents de l'enfant étaient restés à leur place et regardait leur petit garçon, sûrement âgé de quatre-cinq ans, pas plus, qui s'avançait vers el train, sac sur le dos et billet en main, tout en se retournant à chaque pas vers ses parents. Des larmes coulaient sur son visage puéril et innocent. J'avais l'impression de ressentir de la compassion pour ce petit garçon que je ne connaissais même pas. J'ai ensuite regardé le jeune homme aux écouteurs qui étaient déjà devant le porte d'und es wagons et commençait à grimper les petits escaliers, puis les deux jeunes filles , qui, elles aussi, rentraient dans un autre wagon, silencieuses, papier en main.
Bon...Il fallait que je décide maintenant! D'après la mystérieuse petite fille de tout à l'heure, ce ridicule papier anodin me servirait de billet. Ca paraissait si ridicule, si impossible...Et pourtant, j'étais prête à tout croire en cet instant, du moment que celà pouvais m'expliquer où j'étais et pourquoi...
J'ai alors pris mon courage à deux mains, froissée le morceau de feuille blanche dans ma main gauche, et je me suis approchée de l'entrée du wagon, lentement, avec une parcelle de doute persistant. Puis soudain, alors que j'allais monter, le petit garçon qui sanglotait est passé devant moi sans un mot, et en ne regardant même plus derrière lui. J'ai grimacé devant son état et je me suis promis de le consoler, si je me retrouvais dans ses environs.
La voix du gros bonhomme retentit une dernière fois, et ce fut ces dernières paroles qui me décidèrent à entrer dans le vestibule se situant entre deux wagons. Il y avait là un homme âgé d'environ une quarantaine d'années, avec des cheveux blonds et longs attachés en une queue de cheval, genre hippie, debout au milieu, et tenant une liste dans ses mains. En me voyant, il fronça les sourcils et me demanda d'une voix lasse et ennuyante:
_Billet et non, s'il vous plait.
J'ai hésité à tendre mon papier, de peur d'être ridicule. Finalement je lui ai tendu tout en prononçant "Angie F."
Il se passa quelques secondes pendant lesquels l'homme observa mon papier avec intérêt puis il releva la tête et m'annonça:
_Bien, compartiment 2B à votre gauche, place 26.
Puis il s'avança vers une autre personne qui étais arrivée derrière moi. J'étais abasourdie...La petite fille avait raison! Mais quelle gare pourrait accepter des voyageurs avec pour seul billet de train une feuille vierge!
Ca n'a aucun sens je dois dire! Je me suis tue, préférant ne pas intervenir dans cette situation incohérente. J'ai juste tourné à gauche, et je suis rentrée dans le wagon intitulé2B.
C'était un wagon assez grand et assez bien éclairé, constitué de siéges rouges qui entouraient quatre par quatre de petits tables. Dessus étaient inscrits des numéros en tissus noir. Je n'ai pas cherché à comprendre ou à regarder les autres occupants de l'habitacle silencieux. J'ai juste parcouru l'allée tout en cherchant du regard le numéro 26.
Arrivée au bout du wagon, j'ai repéré le petit nombre que je cherchai. J'ai alors levé les yeux et je suis tombé nez à nez avec la petite fille de tout à l'heure.
Elle était assise au numéro 24, confortablement, les pieds sur le fauteuil à côté d'elle et elle me regardait avec un sourire presque railleur. Mais qui donc était-elle?
_Je te l'avais bien dit, me dit-elle, d'où tu sors pour ne pas savoir ça?
Elle riait presque en le disant. Je ne répondit pas et je m'installais face à elle, en posant mon sac sur la table.
Ce n'étais pas normal...Quelque chose n'allait pas..
Le train ne mit pas longtemps avant de bouger et enfin de quitter la gare. Je partais loin de ce lieu mystérieux pour aller dans un endroit encore plus inconnu. La petite fille ne me paral pas pendant plus d'un quart d'heure puis soudain, elle sortit un cahier et une trousse d'uns ac qui était posé à côté d'elle. J'ai jeté un coup d'oeil au moment où elle ouvrait son cahier et mes yeux sont tombés sur des dessins assez surprenants...
En effet, je n'aurais jamais pu croire si je n'avais pas vu, qu'une fille aussi jeune puisse avoir un tel talent pour le dessin. Ses esquisses paraissaient tellement réalistes et matérielles.
_Toi aussi tu as perdu tes parents, me demanda-t-elle soudainement.
J'ai sursauté à cette question. Tout d'abord j'étais génée, presque en colère. Comment cette petite inconnue pouvait-elle autant en savoir...
_C'est simple, ça se voit dans ton regard me dit-elle
Et j'ai été à nouveau bluffée, comme si elle pouvait lire dans mes pensées. Sérieusement, comment ne voulez vous pas avoir peur dans ces momens là?
Voyant mon manque de réponse, elle continua à parler tout en regardant par la fenêtre, où les payasages défilaient à vive allure:
_Moi aussi je suis orpheline, depuis deux ans. C'est ma tante qui m'a elevé pendant six ans, mais je me suis enfuie. Et toi, t'a pas l'air d'avoir eu une vie meilleure que la mienne...
Cette fille parlait comme si sa vie était finie, comme si elle allait mourir. C'était vraiment flippant de voir une personen aussi jeune parler comme ça de sa vie passée. Et pourtant...une vie meilleure que la sienne...Non c'est vrai que je ne l'avais pas eu cette vie. Mais je ne pouvais pas me confier à une inconnue comme ça.
_Pas besoin d'en parler t'inquiétes, je comprends, me coupa-t-elle à nouveau.
Tout en parlant, elle sortit des crayons de sa trousse et chercha une page vierge de son cahier pour commencer un dessin. Je l'observai faire quand soudain, elle poussa le cahier vers moi tout en me disant avec une voix vraiment bizarre, une voix trop mature pour être la sienne:
_Laisse ta trace sur ce monde comme nous tous...
Je l'ai regardé avec de gros yeux ronds, impossible encore uen fois de prononcer un seul mot. J'aimerai tellement savoir ce que je fous dans cet endroit, et ce qui m'arrivait. Sans comprendre pourquoi je ne pouvais pas parler, j'ai pris un des crayons qu'elle me tendait. Mais quand j'ai touché la mine de graphite du crayon de papier, tout s'est brouillé autour de moi, et je me suis sentie tomber dans le vide, immense et imposant.
Je ne pouvais que hurler, en espérant qu'on m'entendrait!
***
_Angie? me demanda une voix pendant que mes yeux s'ouvraient et que j'haletait, en me relevant dans mon lit.
_T'in..t'inquiéte Elisa...c'était juste un rêve...
J'ai levé les yeux au plafond même si je ne pouvais rien voir à cause du noir de la chambre...Tout était vraiment bizarre. Trop bizarre...
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Et voila l'incipit. Alors premières impressions? Commentaires?
1er chapitre en préparation
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